Critique télé: Tf1 cherche à caser les fils à maman



TF1 cherche à caser les fils à maman


Il y a Giuseppe, le macho italien que sa maman aux lèvres siliconées appelle « pépino ». Alexandre, l’inévitable accro à l’informatique, totalement infantilisé par sa mère. Mais également Alban le DJ feignant, Benjamin l’homo mondain et Florent, le stripteaseur qui fait même fantasmer maman.

Voilà les célibataires dégotés par TF1 pour sa nouvelle émission de téléréalité « Qui veut épouser mon fils ? ». Accompagnés dans chaque étape de leurs mamans, ces Tanguy d’un nouveau genre, doivent trouver la perle rare, qui les fera déguerpir du foyer familial.

Tout commence par une séance speed-dating, en compagnie de ces mères poules, trop maquillées et très tactiles qui ne parviennent pas à couper le cordon. Puis les rendez-vous se multiplient dans Paris, la ville des amoureux. Le tout, conté par une voix off rappelant la série Desesperate housewives, dont la charte graphique est également inspirée.

Tous les ingrédients sont la pour faire de ce programme un succès du genre. Un casting détonnant aussi bien du côté des fils, que de leurs génitrices. La palme revient à Marie-France, complètement refaite, pour qui seul l’apparence qui compte quand vient le temps de juger les prétendantes : « il n’y a qu’une chose qui m’a plu chez elle, c’est son sac à main ».

Pour les amateurs, cette dernière-née est une pépite aux répliques déjà cultes. Pour les autres, le paroxysme de ce que la téléréalité, sauce TF1, produit de plus trash et de plus affligeant.


Emission diffusée 29 octobre 2010 sur TF1. Durée : 1h38. Possibilité de la revoir sur TF1.fr dans la semaine suivant la première diffusion

Conflit des retraites : On est tous le bloqueur de quelqu’un



Conflit des retraites : On est tous le bloqueur de quelqu’un



 « Succès » pour les syndicats. « Mobilisation en baisse » pour le gouvernement. Mardi, la sixième journée de mobilisation depuis la rentrée a réuni 3,5 millions de manifestants selon la CGT et la CFDT contre 1 100 000 manifestants pour le Ministère de l’Intérieur. Mais au-delà de l’habituelle querelle des chiffres, c’est la bataille des mots qui fait rage. Pour chaque partie du conflit, il s’agit de démontrer que le blocage est dans l’autre camp.

Du côté du gouvernement, on met en avant la radicalisation du mouvement, sa violence, ainsi que les blocages (stations-services, circulation) qui gênent la vie quotidienne des Français. Interpellé dans l'après-midi par les députés de l'opposition, François Fillon a condamné « l'intimidation, le blocage et la violence». Eric Woerth constatait également une radicalisation du mouvement. « La réponse est de maintenir l’ordre public. On a le droit de grève oui, le droit de bloquer non », martelait-il. Enfin, Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, rappelait sur iTélé, aux lycéens et à leurs parents que « bloquer un lycée est dangereux », et que « la France n’a pas à être prise en otage ». Un gouvernement qui aimerait, en quelque sorte, prendre les rêves de Nicolas Sarkozy, d’une France en grève sans que personne ne s’en aperçoive, pour une réalité.

Pour les syndicats, au contraire, le blocage est du côté du gouvernement.Invité d’Audrey Pulvar sur Itélé, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, déclarait que « le mouvement fera date » et pointait du doigt le gouvernement « qui joue le blocage ». « Ouvrez la discussion, c’est ça la démocratie », poursuivait-il. Bernard Thibault, a également appelé le gouvernement à « entendre l'ampleur de cette protestation » et à ouvrir « des négociations ». Un point de vue partagé par les ténors socialistes. « Nous avons tendu la main, on ne nous répond que par du mépris », déclarait Martine Aubry dans le cortège. « Le responsable de ces blocages aujourd'hui, c'est le président de la République (...) il est de la responsabilité du président de la République de dire : 'voilà, je me suis trompé, (...) j'organise un Grenelle des retraites", a commenté Claude Bartolone, mardi soir sur Europe 1. Du côté du NPA, Olivier Besancenot a dénoncé un gouvernement qui « ne lâche rien ». « Il prend la responsabilité du blocage, il prend la responsabilité de transformer la crise sociale en crise politique », a-t-il ensuite déploré.

Chaque partie semble vouloir camper sur ces positions. Reste à savoir qui craquera en premier. Si le gouvernement peut se réjouir de la désertion de certaines organisations syndicales, comme la CFE-CGC, le mouvement reste néanmoins soutenu par l’opinion publique comme le montre un sondage à paraître demain dans Libération. L’UNL et la Fidl, les deux principales organisations lycéennes, annoncent d’ores et déjà une nouvelle journée d’action pour jeudi. La guerre des mots aura surement de nouveau lieu.  

Daily 9e - Ces parisiens qui accueillent les touristes à domicile




Ces parisiens qui accueillent les touristes à domicile


La terrasse de Coté Montmartre
Si la chambre d’hôtes est emblématique du tourisme rural, avec ses gites et ses fermes-auberges, l’ouverture en ville, de ces Bed and Breakfast à la française est devenue une vraie tendance.


Leader du secteur des chambres d’hôtes, Gites de France, lance CityBreak, une marque qui recensera les chambres et gites urbains. D’autres réseaux sont également présents sur ce nouveau marché : la fédération des professionnels parisiens de la chambre d’hôtes, les labels Fleur de Soleil, Bed and Breakfast et authenthique Bed and Breakfast Paris. Une vraie bonne idée pour ceux qui souhaitent héberger des amis ou de la famille à proximité. Mais également pour ceux qui dispose d’une chambre supplémentaire, ou qui veulent se lancer dans une activité complémentaire. C’est le cas d’Isabelle Bravo et de Clara Limage, habitantes du 9e, qui accueillent depuis 2006 des touristes à domicile.

Isabelle Bravo : « l’ouverture de ma chambre d’hôtes est l’une des grandes expériences de ma vie ».

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir une chambre d’hôtes ?
Il y a 5 ans, alors que j’étais assistante de direction, j’ai eu envie de lever le pied, de chercher une autre activité. Par hasard, je suis tombé sur un article sur les chambres d’hôtes à Paris. Je me suis donc renseignée et j’ai vu qu’il y avait un vrai marché. En plus, j’étais sur le point de déménager, j’en ai donc profité pour choisir un appartement aménagé pour accueillir facilement des hôtes.

Et alors ? Est-ce que ça marche ?
Complètement ! Depuis 3 mois, je reçois des gens pratiquement tous les soirs. En ce mois de novembre, il ne me reste plus que 8 nuits de libre, et j’ai déjà des demandes de réservation pour les mois d’avril et d’août prochain !

Qui sont vos clients ?
Ce sont surtout des étrangers, qui viennent pour des raisons touristiques ou bien qui allient déplacement professionnel et touristique. J’ai également quelques français qui viennent passer quelques jours ou un week-end à Paris, pour l’exposition Monet par exemple.

Qu’est-ce qui les attirent chez vous ?
Principalement le quartier. Entre la butte Montmartre et les grands magasins, l’emplacement est idéal pour les touristes qui ont envie de séjourner autre part qu’à l’hôtel. La chambre d’hôtes est une belle alternative. 



Clara Limage : « C’est un plaisir de faire partager ma maison »

Pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir une chambre d’hôtes ?
C’est une initiative de la mairie de Paris qui m’a décidé. La municipalité souhaitait développer les chambres d’hôtes à Paris et organisait des réunions dans les mairies d’arrondissements pour informer les habitants. Une agence, présente lors de la réunion, m’a aidé à monter ce projet. Il faut dire, que j’ai une grande maison et que suite à des soucis financiers, j’ai voulu la rentabiliser au maximum.

Et alors ? Est-ce que ça marche ?
Il y a eu des hauts et des bas. Pendant la crise, la clientèle américaine est moins venue. Mais maintenant cela va beaucoup mieux aujourd’hui. Je refuse des gens tous les jours !

Qui sont vos clients ?
J’ai une clientèle à la fois très internationale, des japonais, des chinois, des américains et de tous les pays d’Europe, mais il y a aussi beaucoup de Parisiens qui viennent ici pour le côté terriblement romantique du lieu. Parfois même des habitants du 9ème qui viennent pour une nuit de noce ou un anniversaire de mariage.

Qu’est-ce qui les attirent chez vous ?
Les personnes que j’accueille sont à la recherche d’un lieu atypique, et ici ils sont comblés. Ils logent dans une suite de 100m2 dans un hôtel particulier construit en 1860, où du gothique à l’orientalisme, tous les styles se côtoient. C’est un lieu qui à une âme et où tous les objets, rapportés des quatre coins du monde ont une histoire. 

La façade majestueuse de la villa Clara



Les chambres d'hôtes dans le 9e arrondissement de Paris.

Pour un petit déjeuner en terrasse face au Sacré-Cœur.
Coté Montmartre - 11 bis rue Jean-Baptiste Pigalle - 75009 à PARIS 
130 euros par personne, petit déjeuner compris

Une suite de 100 m² avec un balcon privé dans un hôtel particulier au cœur de la Nouvelle Athènes. Villa Clara, 17 cité Malesherbes 75009 Paris. 195 à 220 euros, la nuit en chambre double avec une bouteille de champagne.

Plus accessible, une chambre d’hôtes dans le quartier du Moulin Rouge à 90 euros la nuit, avec petit déjeuner et accès à la cuisine toute équipée.
Chez Rose-Marie, 15 Rue Pierre Fontaine 75009 Paris



















Retraite: Martine Aubry la joue collectif


Retraites : Martine Aubry la joue collectif

Elle n’aura pas attendu bien longtemps Arlette Chabot, pour interroger  Martine Aubry sur ses ambitions pour 2012. Après une première question – de politesse - sur ses soucis de santé, la journaliste de France 2 lui demande si ce n’est pas un handicap pour la campagne présidentielle. « Bien essayé », s’amuse Martine Aubry. « Je ne vous dirai pas que je suis candidate », poursuit-elle.
Si elle est là, c’est pour parler des retraites, le sujet brûlant du moment. Jusqu’ici silencieuse sur la question, son intervention sur le plateau d’A vous de Juger est très attendue, à mi-chemin entre les deux grandes journées de mobilisation de la semaine.

La première secrétaire a donné plus dans le « nous » que dans le « je ». « Tous les socialistes soutiennent la même chose au sujet des retraites, déclare-t-elle, c’est une réforme nécessaire mais qui doit être juste ». C’est pourquoi elle  demande «  la suspension des discussions au Sénat afin de tout remettre à plat ».
La patronne du PS met en avant le contre-projet socialiste de retraite à la carte. Tout un symbole : le maintien de la retraite à 60 ans. Mais pas pour tout le monde. Y auront droit, ceux qui ont commencé à travailler avant 19 ans et les professions difficiles. Pour la retraite à taux plein, il faudra attendre 65 ans.

La numéro 1 du PS est ensuite venue à la rescousse de son ex-ennemie jurée, Ségolène Royal, suite aux déclarations de cette dernière sur TF1. « On a retiré cette phrase de son contexte », dénonce-t-elle, en expliquant qu’elle croit en la responsabilité de la jeunesse. Pas de désaccord non plus avec Dominique Strauss Kahn. Ils sont tous les deux sur la même ligne : la démographie oblige  à  augmenter la durée de cotisation.

En fin d’émission, Arlette Chabot revient à la charge. « Serez-vous candidate ? En avez-vous envie ? ». C’est de nouveau peine perdue. « Je veux faire gagner la gauche en 2012, je ferai tout ce qui est possible. Chaque chose en son temps », réplique-t-elle.  Martine Aubry n’a donc pas profité de l’occasion pour rejoindre la liste des candidats déclarés à la primaire socialiste. L’unité l’a emporté. Reste à voir si le PS en sortira renforcé. 

L’heure est désormais à la constitution de propositions crédibles. « Les Français ne veulent plus de slogans, mais d’un projet », martèle Martine Aubry. Et pourtant au détour d’une phrase, puis d’une autre, elle parle d’un besoin de « retrouver la France ». Un beau slogan de pré-campagne pour le PS, avec cependant, une petite résonance gaulliste. Après la traversée du désert, la reconquête de la gauche est peut être en marche.

DSK adulé à droite



DSK adulé à droite

Le directeur du FMI a la cote à droite. Avec 76 % d’opinion favorable chez les sympathisants de droite, il pulvérise son record de popularité. Dominique Strauss-Kahn séduit les militants UMP. Quelles sont les raisons d’un tel succès ?

Votez pour DSK en 2012 ? « Pourquoi pas » répondait mardi la secrétaire d’Etat à la ville Fadela Amara. La semaine dernière, c’est François Baroin, le très chiraquien ministre du logement qui lâchait « Strauss Kahn, il est intelligent » suite aux déclarations de Dominique Strauss-Kahn sur la réforme des retraites.
Sur le plateau de France 2, le directeur général du FMI s’est démarqué du projet socialiste, en estimant que si « on vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la retraite à 60 ans ». « Une position parfaitement réaliste et pertinente », reconnaît Sandra Blanchart, responsable des jeunes UMP des Bouches-du-Rhône.  Une déclaration qui conforte Strauss-Kahn dans son rôle de représentant de la gauche réformiste. Une gauche du réel et non du rêve, plus proche des partis de gauche européen. Et cela plait à Samuel, sympathisant de droite: « Il ne fait pas gauchiste, il ne fait pas peur à la droite comme Martine Aubry ou Bernard Thibault ! ». Un repositionnement logique. « On ne peut pas faire l’ultra-libéral au FMI et le socialiste en France » estime Sandra Blanchart.

« DSK plait car c’est l’anti-Aubry » explique un politologue. Sous le gouvernement Jospin, les deux socialistes se sont affrontés. Martine, la « dépensière » au Ministère du travail, Dominique l’« inflexible » au Ministère de l’économie. Il se rapproche du monde de l’entreprise et du patronat. Alors que la dame des 35 heures apparaît aujourd’hui comme « une apparatchik », Strauss-Kahn est lui perçu comme un libéral  atlantiste. Son expérience de gestionnaire à la tête du FMI rassure. Pour Aïda, militante UMP depuis 2007, « c’est la preuve qu’il est dans le système ».

Au-delà du fond, DSK est perçu comme quelqu’un de « posé », « rassurant ». « Son statut d’expert est idéal pour rassurer les Français dans la crise actuelle » analyse Alexandre, militant UMP depuis 10 ans. Digne représentant de la gauche caviar, l’ancien ministre est perçu comme «bling-bling » mais « il le cache bien mieux que Sarkozy » s’amuse Alexandre. 

Si ses positions économiques sont connues, le président du FMI ne s’est pas encore exprimé sur les autres réformes en cours. Un bon moyen de se préserver. « Il est libéral économiquement parlant, mais la droite c’est aussi des valeurs fortes comme le mérite, la famille, le travail et je ne suis pas certaine que ce soit des valeurs défendues par DSK » ajoute Sandra Blanchard. S’il veut remporter les primaires socialistes, DSK va devoir se positionner, se démarquer et surement critiquer le bilan de Nicolas Sarkozy. Après avoir séduit la droite, DSK doit convaincre à gauche. L’ultime défi, s’il veut s’imposer en 2012.

Banlieues: les doléances des maires


Les doléances des maires de banlieues


« Enclavement, chômage, échec scolaire, mal logement, pénurie des services publics ». C’est le constat que dressent 46 maires de quartiers sensibles dans une Lettre à ceux qui ignorent les banlieues. Ils attendaient, mardi, l’annonce de mesures concrètes par le Premier ministre, François Fillon. Ils vont devoir attendre 2011.


« Il faut agir vite, sinon nos banlieues vont exploser ». Claude Dilain, maire PS de Clichy-sous-Bois et président de l’association Ville et banlieue, s’inquiète de la dégradation de la situation dans les banlieues sensibles. A défaut de la grande réforme attendue par les maires des quartiers, le gouvernement s’est contenté de relancer le Conseil National des Villes qui existe pourtant depuis 1988. Rédacteur de la Lettre à ceux qui ignorent les banlieues, M. Dilain estime que sept domaines requièrent une action rapide des pouvoirs publics afin d’endiguer le cercle vicieux qui entraîne ces quartiers vers le bas.

Education
Les établissements scolaires des banlieues sensibles accueillent 10% des étudiants français. Leur retard scolaire est visible dès la 6e. Professeurs remplaçants, classes surchargées gênent l’apprentissage. Le niveau social des parents est un facteur déterminant, selon l’ONZUS (Observatoire national des zones urbaines sensibles). 62% des élèves inscrits dans ces établissements vivent dans des foyers défavorisés. A la sortie du système scolaire, 66% des jeunes actifs de moins de 20 ans n’ont pas de diplôme. L’association Ville et Banlieue préconise un fort investissement de l’Etat dans la formation tant professionnelle qu’initiale.

Emploi
Dans les 751 quartiers éligibles à la politique de la ville, le taux de chômage atteint les 22%, contre 10% sur le territoire national. Le chômage touche deux fois plus de jeunes que dans les autres quartiers. Les habitants de ces communes sont très dépendants des aides sociales. A Rillieux-la-Pape (Rhône) sur 100 personnes qui accèdent à un logement social, 18% survivent grâce aux minima sociaux contre 8% en 2000. « La situation se détériore, la population se précarise », analyse Renaud Gauquelin, maire de Rillieux-la-Pape, « il y a de plus en plus de familles monoparentales en grande difficulté ».

Santé

Le taux de morbidité, plus élevé qu’ailleurs prouve que l’accès aux soins reste difficile dans les banlieues. Les professionnels de santé sont sous-représentés. Il y a trois fois moins d’infirmiers que dans les autres villes. Les médecins aussi sont peu présents et la Couverture Maladie Universelle n’est pas toujours acceptée. Une solution possible : développer des centres de santé de proximité.

Equipements sportifs
Les espaces de loisirs, essentiels à l’épanouissement de la population, sont rares dans les quartiers difficiles. A Argenteuil (Val-d’Oise), la piscine municipale n’a pas été rénovée depuis 1964. A Sarcelles (Val-d’Oise), la mairie fait construire un circuit de F1. « Création plus que discutable », s’insurge Daniel Blanc, directeur d’une association d’aide à l’emploi et au logement de Sarcelles, « il faudrait dépenser notre énergie pour des équipements culturels et sportifs accessibles à tous ».

Sécurité
« Le problème n’est pas la sécurité », explique Claude Dilain, « personne n’est pour l’insécurité » mais elle découle de la situation générale de ces villes. Pour M. Dilain, il faut agir à la source en investissant dans l’éducation, le logement, l’emploi et la santé.

Logement
8 millions d’habitants vivent dans les quartiers sensibles. Ces villes regroupent l’essentiel des logements sociaux et dépassent souvent le quota de 20% imposé par l’Etat. Le maire de Rillieux-la-Pape, Renaud Gauquelin, compte 57% de logements sociaux dans sa commune dont 75% dans la ville « nouvelle ». Mais ce type d’habitat coûte cher aux villes défavorisées en pompant sur leurs budgets en piteux état.


Finances locales
« La question est de savoir si l’on donne à ces communes les plus pauvres des moyens égaux à ceux des autres ! », s’insurge Claude Dilain. Il affirme avoir des moyens « trois à quatre fois inférieurs à ceux d’autres villes ». Le maire d’Argenteuil a même organisé, le 7 mai dernier, un conseil extraordinaire devant la sous préfecture du Val-d’Oise, pour dénoncer le désengagement de l’Etat et les coupes financières dans l’ensemble des services publics. Les maires souhaitent que l’état garantisse leurs ressources, en tant que garant de la solidarité nationale. « Si je ne touche plus d’aides, je ferme la maison ! », menace le maire de Rillieux-la-Pape.


article co-écrit avec Sophie Noachovitch.
Photo: Un quartier de Sarcelles


30 ans d’échec de la politique de la ville

Voilà plus de trente ans que les pouvoirs publics tentent de remédier aux maux des quartiers. D’abord regroupée sous le nom d’« actions pour le développement social des quartiers », il faut attendre 1991 pour que la politique de la ville ait un ministère propre. 11 ministres s’y succèderont en 17 ans. Le plus célèbre, Bernard Tapie, démissionnera trois jours après avoir proposé son plan pour les banlieues en 1992. Chaque ministre y est allé de son appellation: Des ZEP (Zone d'éducation prioritaire lancée en 1981) au PNRU (programme de rénovation urbaine) en passant par ZRU (Zone de redynamisation urbaine) les ZFU (Zone franche urbaine) ou les CUCS (contrats urbains de cohésion sociale). Depuis, les moyens utilisés ont été énormes. 840 millions d'euros sur six ans pour les grands projets de villes en 1999, 30 milliards d’euros sur cinq ans pour l’Agence nationale pour la rénovation urbaine crée en 2003, 500 millions d’euros annuels pour l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances crée en 2007. Pour quel résultat ? « La politique de la ville a été marquée par l'imprécision des objectifs comme de sa stratégie et par une volonté d'affichage qui conduit à la mise en œuvre périodique de nouveaux dispositifs" estimait la Cour des comptes dans un rapport en 2002. Rien de nouveau depuis. En cause : insuffisances, surcoûts et autres dysfonctionnements. Un empilement de mesures qui n'a jusqu’à présent pas réussit à réduire l’ampleur de la ségrégation sociale et ethnique dans les quartiers.

Enquête dans le monde de la télé


Enquête


Les secrets de fabrication
de vos émissions télé




Le printemps, les vacances d’été, puis la rentrée… chaque moment de l’année est l’occasion idéale pour lancer de nouvelles émissions sur le petit écran. Après le come back de la Roue de la Fortune, puis de Tournez manège sur TF1, c’est au tour de France 3 de ressortir prochainement des tiroirs Fa Si La Chanter. De son côté, la Chaîne Parlementaire vient de lancer une émission politique d’un nouveau genre, où des jeunes interpellent en face à face un homme politique en le recevant chez eux ou dans leur entreprise. On n’est pas très loin des causeries au coin du feu du Président Giscard d’Estaing en… 1975 ! La télévision est un éternel recommencement (mais ça on le savait déjà !). Mais que ce soit pour un nouveau concept ou une remise au goût du jour, tout est savamment pensé, analysé et testé à l’avance. Coup de projecteur sur ces étapes de conception que l’on vous cache. 

Tout commence dans les sociétés de production. On en compte plus de 1200 en France. Le producteur est le plus souvent un petit entrepreneur : 60% des sociétés emploient moins de 20 personnes. Même si, depuis quelques années, de grandes multinationales comme Endemol ou Fremantle, filiale du groupe RTL, apparaissent sur le marché. Tout va très vite, une émission peut se créer en un mois. Il faut dire que la visibilité ne permet guère au producteur de regarder au-delà de six mois à un an.

Un pitch pour convaincre les chaînes
Première étape : les producteurs conçoivent un «  pitch » qui devra convaincre les responsables des programmes des chaînes. L’objectif ? Se distinguer  des 500 autres projets reçus dans l’année par certaines unités. Comment ?  En ramassant sur quelques lignes ou quelques mots, de manière efficace et percutante la promesse du programme. Une fois cette étape passée, on demande au producteur de fabriquer un prototype de l’émission. C’est ce qu’on appelle le pilote. Très abouti, animateurs, décor, musique sont déjà en place, il est là pour donner envie à la chaîne de l’acheter et de le diffuser. Le pilote devient alors une vitrine de la boîte de production.

Des relations ambiguës
Certaines boîtes de productions ont des contrats exclusifs avec une chaîne. C’est le cas d’Endemol avec TF1 pour son acces prime time (18-20h). NRJ 12 travaille régulièrement avec Ah ! Production, une société spécialisée dans les programmes de divertissement. Quand NRJ 12 commande un concept à cet intermédiaire, elle est quasiment sûre d’acheter une émission qui correspondra à ses attentes ainsi qu’à celles de ses téléspectateurs.  Ah ! Production, par exemple,  développe pour le mois de juin une série d’émissions de 52 minutes avec l’acteur, Said Taghmaoui. Une caméra le suivra dans ses déplacements aux États-Unis, à Los Angeles, et au Maroc. La société prendra ensuite contact avec la chaîne la plus susceptible d’être intéressée par l’idée. C’est de cette façon que cette société a créée et réalisé Fans des années 80, présentée par Laurence Boccolini. « Nous sommes trois au développement. Nous nous inspirons de tout. De ce qui se passe à l’étranger. De la presse. Les idées peuvent venir en fonction de la chaîne pour laquelle nous voulons travailler », explique Antoine Henriquet, le directeur de la société.

La trash attitude
Les boîtes de production peuvent aussi racheter un concept à l’étranger.  « C’est ce qu’il  y a de plus simple », selon M. Henriquet. Si le « programme a eu du succès dans un autre pays, nous sommes à peu près sûrs qu’il sera bien accueilli en France. Nous rachetons surtout les audiences de l’émission », ajoute-il.  Mais les émissions sont rarement diffusées telles quelles en France. « Les programmes américains sont beaucoup plus trash. Les émissions importées sont généralement revues à la sauce française pour qu’elles fonctionnent dans l’hexagone » confie Kévin Vatant, rédacteur en chef de morandini.com, site Internet d’informations sur les médias. La boîte de production acquiert les droits d’auteur du concept étranger. Elle les possède ensuite en exclusivité pour six mois, période pendant laquelle elle doit les revendre à une chaîne française. « J’essaye aussi d’avoir des coups d’avance en repérant des concepts à l’étranger avant même qu’ils soient produits. Nous travaillons avec deux sociétés américaines avec laquelle nous échangeons des idées », explique le producteur. Ces processus concernent surtout les chaînes privées. Elles ont comme impératif de survie d’être rentable. Une forte audience est donc indispensable.


L’exception France Télévision
France Télévisions n’est pas soumise à ces contraintes. Une émission peut  rester sur une chaîne du service public même si son audience est faible. Vous aurez le dernier mot de Franz Olivier Gisbert sur France 3 ne recueille que 5 % de parts d’audience mais conserve son créneau horaire. En revanche, Campus sur la même chaîne a été reléguée sur une chaîne du groupe sur la TNT, ne réalisant que 8 % de parts d’audience. Le service public délivre un « cahier des charges » à chaque chaîne. Il répertorie l’ensemble des créneaux horaires d’une journée et doit compter un nombre précis d’émissions de culture, de divertissement, de science, etc. Un pilote n’est pas systématiquement tourné avant la diffusion de l’émission, et lorsque c’est le cas, il correspond plus à une répétition générale. La plupart des émissions du groupe France Télévisions sont produites en interne, ce qui n’est quasiment pas le cas des chaînes privées.

Pour la mise à l’antenne, le jugement le plus délicat reste celui des téléspectateurs. Du générique, au décor, en passant par l’animateur, chaque étape de l’émission est passée au crible. Les chaînes peuvent débourser jusqu’à 12 000 euros, pour tester leur concept sur un panel d’individus. Une première évaluation qualitative s’effectue par groupe de 8 ou 9 personnes représentant le cœur de cible de l’émission. Les analystes recueillent auprès de ces panels de téléspectateurs, les réactions brutes après diffusion du programme. « Le visionnage peut se faire dans une salle commune, mais le plus souvent, il s’agit de regarder le programme chez soi dans les conditions les plus réelles possibles », explique Pierre Gaillardon, responsable des études dans l’institut de sondage, Qualiquanti. Pour une émission destinée à être diffusée à 18h, une mère au foyer peut alors expliquer si elle a pu suivre le programme alors qu’elle avait ses enfants auprès d’elle. A-t-elle réussi à gérer le bain des enfants, les devoirs et le repas du soir en même temps ?

Pour les chaînes à plus gros budget, une analyse sémiologique supplémentaire est possible. Un sémiologue décrypte les différentes expressions et les réactions des candidats à une émission. Ces signaux peuvent être en contradiction avec les objectifs de la chaîne et permettent de mieux décoder le discours des téléspectateurs. Pourtant, Pierre Gaillardon, s’étonne : «certains concepts qui ont réussi les tests ne passent jamais à l’antenne. A l’inverse, d’autres moins réussis sont diffusés, sans que les modifications préconisées par l’institut de sondage n’aient été appliquées ». Malgré un processus très sélectif et rationnel, il reste donc bien une part de mystère dans la recette des émissions télévisées.

Des millions d’euros en jeux
« Le problème en télé est la durée entre le développement et la vente. Seul un dossier sur 50 aboutit à une diffusion. Les chaînes achètent peu pendant l’année. Une chaîne comme TF1 n’a pas lancé beaucoup de nouvelles émissions en 2010 », explique Antoine Henriquet. La frilosité des chaînes n’est pas la seule en cause. Certaines d’entre elles ont connu des échecs cuisants malgré la conception d’un pilote et les différents tests qu’il a subis
Sachant qu’un pilote coûte entre 2 000 et 3 000 euros pour une émission sur la TNT et « plusieurs millions d’euros pour une émission comme la Star Academy », selon Kévin Vatant, la facture était salée pour la sixième chaîne.
Acheter une émission, c’est-à-dire un pilote, à une boîte de production constitue une énorme prise de risque pour une chaîne de télévision. Heureusement pour elles, ce type d’échec est rare et la plupart des pilotes validés deviennent de véritables succès d’audience.


Article co-écrit avec Sophie Noachovitch