Laure Manaudou : de l’ado à la mère, le parcours initiatique


« L’Or Manaudou » ou « La sirène des bassins », on hésite encore pour le titre. Mais on n’en doute pas, les premières années de la vie de Laure Manaudou pourraient facilement être adaptées au cinéma. Son adolescence est marquée par l’instabilité des lieux, des sentiments et des performances sportives. Un véritable parcours initiatique.

Née le 9 octobre 1986 à Villeurbanne (Rhône), Laure Manaudou n’a que cinq ans quand ses parents l’inscrivent à la natation. Ils ne se doutent pas encore qu’elle va devenir la plus grande nageuse française de l’histoire. Très vite, la petite fille montre d’intéressantes dispositions et intègre le club de natation d’Ambérieu-en-Bugey. A 14 ans, elle quitte le domicile familial et s’installe à Melun chez son entraîneur, Philippe Lucas. Une relation fusionnelle faite d'or et de records.

L’histoire d’une ascension fulgurante

Athènes, la révélation. Elle y remporte trois médailles olympiques en 2004, dont l’or sur 400 mètres. Les médias et le public commencent à parler d'elle, ce qui ne l'empêche pas de poursuivre son ascension victorieuse. En août 2006, elle se dépasse encore, décrochant non moins de sept médailles lors des championnats d'Europe de Budapest. En à peine trois ans, Laure Manaudou a gagné trois médailles olympiques, six médailles mondiales et treize médailles européennes. Elle devient LA nageuse française aux yeux du public et est désignée nageuse de l'année 2007 par le mensuel américain Swimming World Magazine.

La rupture avec le « père »

L’année 2007 marque aussi sa rupture avec Philippe Lucas, son « coach », qui l’a formée, et propulsée au sommet. Elle le quitte pour le club turinois de LaPresse Nuoto, pour se rapprocher de son petit ami, le nageur italien Luca Marin. C’est le début d’une instabilité chronique, de cœur et de clubs. En quelques mois, elle quittera le club italien, pour cause de désaccord avec son entraîneur. Parallèlement, elle quitte son éphèbe italien. De retour pour quelques mois à Ambérieu-en-Bugey, elle rejoint ensuite le club du Canet-en-Roussillon, puis le Mulhouse Olympique Natation où elle vivra une brève idylle avec le dossiste français Benjamin Stasiulis. Elle rejoint ensuite son dernier club, le Cercle des nageurs de Marseille. Des mois de transit, marqués par quelques erreurs de jeunesse : la diffusion de photos intimes sur Internet et ses relations ambiguës avec la presse people, pour qui elle a tout d’une cible parfaite. Une jeune et jolie sportive à la vie pleine de rebondissements.

La désillusion des JO de Pékin

En 2008, les jeux olympiques de Pékin sont pour elle une humiliation. Alignée sur 400 mètres nage libre — distance sur laquelle elle a obtenu l'or olympique lors des Jeux d'Athènes en 2004 et dont elle a longtemps détenu le record du monde —, sur 100 mètres et 200 mètres dos, ainsi que sur le relais 4 x 100 mètres quatre nages, Laure Manaudou ne parvient pas à emporter de médaille. Six mois plus tard, le 21 janvier 2009, évoquant un « état de saturation qui la prive du plaisir de nager », elle décide de mettre un terme à sa saison. En septembre 2009, Laure Manaudou déclare mettre un terme définitif à sa carrière de nageuse. Une fin aussi brutale que son exceptionnel envol.

La plus jeune retraitée de France ?

En couple depuis quelques mois, avec une autre star de la natation française, Frédérick Bousquet, Laure annonce qu’elle est enceinte. Peut être le signe d’une envie de se poser, d’une certaine maturité. Dans tous les cas, sa reconversion ne devrait pas poser problème. Laure est devenue une véritable icône médiatique et un support publicitaire bien rentable depuis la campagne réussie pour les sacs Lancel.

Cette année, Laure a eu un petit rôle, dans le film Le Coach, d’Olivier Dahan. Elle incarnait son propre rôle, le temps d’une scène. Son parcours mériterait au moins un long métrage.

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