SOS Amitié


Vous souvenez-vous de la formidable Thérèse et de son « allô SOS-détresse-amitié bonjour » ? Pour beaucoup d’entre nous, SOS amitié, c’est avant tout ça. Un film culte, Le père Noël est une ordure (1982) et un lieu unique en son genre, propice à tous les dérapages. Au-delà de cette parodie, l’association SOS Amitié mérite d’être mieux connue du grand public.

Créée en 1966, l’association luttait en priorité contre le fléau du suicide. Aujourd’hui, ses champs d’action se sont diversifiés. SOS Amitié est à l’écoute de toutes les souffrances : deuil, maladie, chômage, violence, mais surtout solitude. L’année dernière, plus de 730 000 appels ont été reçus par l’association, dont 37 500 sur la région lyonnaise.

Des gens comme les autres
SOS Amitié, c’est une mise en relation, une rencontre, entre des «appelants», personnes en détresse, et des « écoutants ». Les appelants sont des gens comme les autres, viennent de tous les milieux sociaux. La plupart d’entre eux ont entre 40 et 50 ans, avec une prédominance de femmes.

À l’autre bout du fil, les bénévoles lyonnais sont 80 à se relayer 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. On ne naît pas écoutant, on le devient. Une formation de trois mois, dispensée par des psychologues professionnels, est requise.

Difficile pourtant d’aller à la rencontre des bénévoles. La charte de l’association garantie l’anonymat absolu des « appelants » mais aussi des « écoutants ». Seules la présidente de l’association et la responsable de la communication sont habilitées à s’exprimer.

Être là au bon moment
Les jeunes retraités représentent la majorité des bénévoles. Ils ont du temps à offrir. En s’engageant, ils doivent, en effet, assurer au moins 20 heures d’écoute par mois, dont une nuit. Un seul écoutant à la fois. Celui-ci se retrouve donc confronté à sa fatigue. Mais aussi à sa propre solitude. Quelles sont donc leurs motivations ? L’écoute est pour eux une école de respect, de patience, de silence et de fraternité. Un écoutant explique que s’il peut communiquer un peu de sérénité, d’attention, il reçoit, en retour, la satisfaction d’avoir été là au bon moment pour cette personne. Un deuxième écoutant ajoute que cette action lui a appris à mieux se connaître et à mesurer tout ce que la vie lui a apporté.

Prêt à passer à l’acte
Autre principe de l’association : la non-directivité des entretiens. Apprendre à écouter, mais surtout à se taire. Aider les personnes en difficulté à prendre du recul sur leur situation, mais ne surtout pas agir à leur place. Ne pas leur dire quoi faire, ni intervenir. Cela paraît parfois délicat en cas de suicide. Certains appelants sont déjà prêts à passer à l’acte. Ils ont avalé des médicaments, ont même du mal à s’exprimer. Les écoutants sont là pour les accompagner, pour leur tenir la main. Jusqu’au bout.

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